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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 14:23

         Les évangiles de ces dimanches de carême nous proposent différents types de repentir. Quelle est alors la spécificité de cet évangile de la Samaritaine dont les thèmes si variés peuvent être contemplés différemment selon le temps liturgique ?                                                                                                                                 Tout d’abord, à la différence du fils prodigue qui fait retour poussé par l’Esprit dans les bras de son père « Je me lèverai et j’irai », ici, c’est le Christ qui va à la rencontre de  la Samaritaine, et l’on devine en filigrane ce grand mystère de l’Incarnation. Il va à sa rencontre pour l’amener à une démarche de conversion, selon un processus que je vais vous décrire. Le Christ va à sa rencontre malgré la fatigue d’une longue marche de la Judée à la Samarie et malgré la chaleur de la sixième heure c’est-à-dire midi.                                                                                                              C’est précisément à cette heure, la plus chaude de la journée que la Samaritaine va puiser de l’eau, alors que normalement on y va soit le soir soit tôt le matin quand il fait moins chaud. Pourquoi va-t-elle puiser à cette heure ? Pour que personne ne la rencontre, elle se cache du fait de sa mauvaise réputation, c’est une femme pécheresse, une femme de mauvaise vie.                                                                                          Elle rencontre donc Jésus, et au début, refuse tout dialogue : Comment, toi qui es juif oses-tu me demander à boire ? Les juifs n’ont pas de relation avec les samaritains. Jésus de répondre : si tu savais ce que Dieu donne et qui est celui qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau et il t’aurait donné de l’eau vive (c’est-à-dire la grâce). Jésus s’y prend ainsi doucement pour la faire passer d’un plan matériel à un plan spirituel.                                                                                        Et elle de répondre, tu n’as pas de seau et le puits  est profond comment pourrais-tu avoir cette eau vive ? Elle a donc d’abord recours à la logique, mais le domaine de la foi, le domaine spirituel dépasse toute logique. 1ère étape.                                                                                Jésus lui répond : quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif, mais celui qui boira l’eau que je donne n’aura plus jamais soif. Cette eau deviendra en lui source  d’où jaillira la vie éternelle. L’eau du puits représente le péché qui conduit à la mort, tandis que l’eau vive du Christ symbolise la vie éternelle et les dons de l’Esprit.                                                                                                        La femme de répondre : Seigneur donne-moi de cette eau pour que je n’aie plus jamais soif et que je n’aie plus à puiser l’eau d’ci. Le comportement de la Samaritaine commence à changer, 2ème étape. Elle refusait le dialogue, maintenant elle demande de l’aide et parle au Christ avec respect : Seigneur ou maître et elle commence à reconnaître ses besoins et ses faiblesses : (la soif et le besoin de puiser).

C’est alors que Jésus lui parle de son mari et de ses maris. C’est-à-dire qu’il commence sans la blesser à l’aider à se confesser. Il dit ton mari et non l’homme avec lequel tu vis et ce pour ne pas l’offenser. « Je n’ai pas de mari », Jésus l’encourage alors en la félicitant d’avoir admis son adultère.                                                                                                        Qui sont alors les cinq maris qu’elle fréquentait ? Sans doute les plaisirs des cinq sens auxquels l’humanité est soumise, qui sont survalorisés, en particulier dans notre société hédoniste. Mais ces plaisirs ne satisfont pas car l’humanité a toujours soif. « Et l’homme avec qui tu vis n’est pas ton mari » Quel est-il alors ? C’est le diable auquel l’humanité continue à être soumise, symbolisé par le nombre 6. Et le seul époux capable de nous libérer de ces 6 pseudo-maris, c’est le Christ.                                                                                                                                           « Seigneur lui dit la femme, je vois que tu es prophète » 3ème étape, mais motivée par la honte elle cherche à changer de sujet : « Nos pères ont adoré Dieu sur cette montagne etc.. » Elle transpose le problème sur un plan théologique qui serait censé la justifier mais ce faisant elle est conduite à un niveau plus profond, elle attend le Messie qui doit venir et Jésus lui annonce clairement qu’il l’est. 4ème étape.                                                                                                                                          Remarquez la progression dans le dialogue : au départ la Samaritaine considère Jésus comme infréquentable, puis comme Seigneur, puis comme prophète et enfin comme Messie. Le processus de conversion est engagé. Elle abandonne sa cruche qui représente son ancienne vie et va prêcher la Bonne Nouvelle aux Samaritains et un grand nombre crurent d’une part à cause du témoignage de la Samaritaine puis de la parole du Christ.

         Ainsi pour nous, l’enseignement essentiel de cet évangile pour ce temps de carême est très simple, il consiste à apprendre et reconnaître par notre conversion que nous sommes pécheurs et à demander à Dieu de nous accorder sa grâce, ses dons, son eau vive, son amour et à les partager avec les autres. 

         Amen.               

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 12:46

 

 

La spécificité des lectures du pentecostaire ou temps pascal (des 50 jours entre Pâques et Pentecôte)  de l’Eglise Copte Orthodoxe est sans doute de mettre l’accent chaque dimanche, (du moins jusqu’à l’Ascension) sur un aspect spécifique de notre incorporation au Christ ressuscité .Après le dimanche de Thomas où il se fait voir et toucher comme le Ressuscité mort sur la Croix, le Christ se nomme : Je suis ; comme il s’était nommé à Moïse dans le buisson ardent. Cette dénomination « je suis » étant spécifique à l’évangile de Jean.                                                                                                  Ainsi, il se présente comme le pain de vie (2ème dimanche : Jn 6, 35 à 45) puis comme le Messie (3ème dimanche : Jn 4, 1 à 42), puis comme la lumière du monde (4ème dimanche : Jn,12, 35 à 40), puis comme le chemin, la vérité, la vie (5ème dimanche : Jn, 14, 1 à 11). Le rythme même de ces péricopes évangéliques : Je suis…/ celui qui…souligne parfaitement notre participation et notre union au Christ ressuscité.

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