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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 14:05

 Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Amen. Christos anesti !

Je vous félicite, bien aimés, de cette glorieuse fête de Pâques que nous célébrons après 55 jours de carême et après la Semaine Sainte consacrée aux prières, lectures et chants consolateurs. Bien que les circonstances de cette année n’aient pas permis une célébration complète dans nos églises à cause du coronavirus qui touche notre monde et influence notre pays, nous l’avons célébrée d’une manière excellente spirituellement et familialement dans nos maisons. Je crois que l’image de la fête selon laquelle chaque famille suit les prières via les écrans des télévisions et les sites sociaux est une manière forte pour mettre en place la pensée spirituelle dans la famille et l’autel familial, et renouveler l’activité spirituelle dans une même maison.

Christ est ressuscité le troisième jour après la croix. Sa résurrection - telle que la confirment l’Histoire, la géographie, l’archéologie, l’Église, les lieux où la résurrection a eu lieu et les témoins qui ont assisté et vu cet événement – confirme que la vie est plus forte que la mort, que l’Amour est plus grand que la haine, que le Bien soit plus fort que le mal et que la Justice plus grande que la fausseté. La résurrection de notre Seigneur le Christ est advenue au troisième jour, ce qui confère à cet événement et à ce nombre une signification extrêmement importante dans la vie de l’homme. On dit que la vie de l’homme est trois jours: le jour de sa naissance, le jour de sa mort et, entre eux, le long jour, connu comme le jour de sa vie. Cette vie est celle des hommes. Elle comprend la nuit qui s’en va pour que le jour vienne, la graine qui meurt dans la terre pour qu’elle revive et ramène beaucoup de récolte, une génération qui plante et une autre qui cueille, des larmes versées et des joies qui naissent. Et c’est, ainsi, la vie dans toutes ces différences.

Je souhaite me concentrer sur un seul point : la vie de l’homme est imprégnée par des peurs diverses. Il y a des angoisses multiples que l’homme affronte pendant sa vie. Il peut avoir peur de l’échec, de la maladie, de la mort, de la perte de ses biens- aimés, de la vieillesse et du changement de ses conditions de vie. Ces nombreuses peurs conduisent l’homme à mener sa vie dans un état d’inquiétude. Peut-être à cause du coronavirus et de sa diffusion dans le monde d’une manière inattendue, les peurs s’accroissent et la vie de l’homme est entourée par l’inquiétude. Mais la résurrection est le moyen qui transporte l’homme de l’état de la peur à l’état de l’Amour. Je vais vous expliquer comment ceci peut se passer. Mais avant que je parle, je souhaite mentionner que David le prophète a été exposé à de nombreuses peurs, à tel point qu’il a crié, dans un de ses psaumes: « Le Seigneur est ma lumière et mon salut de qui aurais-je peur. Le Seigneur est le soutien / la forteresse de ma vie de celui que je crains » (Psaume 27 : 1). L’homme se tient indécis devant ses nombreuses peurs qui font obstacle au chemin de sa vie ou qui l’affrontent au long de sa vie. Il peut même être debout devant Dieu en lui disant: « où es-tu Dieu par rapport à toutes ces peurs ? ». Parfois, il a une pensée: « Dieu, as-tu oublié ta création ? As-tu oublié l’Homme que tes mains ont créé ? ». D’autres fois, il a une autre pensée: « est-ce que nos prières ne montent pas vers toi, Dieu ? ». Il sent parfois, surtout à cause de ses nombreuses peurs, qu’il passe dans un tunnel. Plusieurs des écrivains et des philosophes abordent la vie comme si elle était un tunnel, comme s’il s’agissait d’un tunnel dans lequel nous marchons, qu’il soit long ou court, où l’homme ne voit pas la lumière. Mais près de sa fin, l’homme voit la lumière et ressent une sécurité et une paix. Si je me souviens avec vous de l’apôtre Paul qui a mené la première moitié de sa vie loin du Christ, dans la seconde moitié il s’est attaché au Christ et est devenu un des prêcheurs de son nom. À la fin de sa vie, il a été avec d’autres sur un bateau dirigé vers Rome, ville où il aurait dû être jugé. La mer s’est levée et le bateau s’est fracassé. Au milieu de ces nombreuses peurs, il nous a donné  un exemple fort en disant «Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre le vent, et nous nous laissâmes aller à la dérive (et nous nous laissâmes porter) » (Actes 27 : 15). C’est cette expérience forte de la foi dont l’homme a besoin. Dans l’Ancien Testament, le prophète David est tombé dans un péché qui consistait à recenser le peuple. On peut demander où est le pêché dans cet acte ? Ce recensement signifie qu’il s’appuie sur sa force et sur ses capacités et non sur l’aide de Dieu. C’était un péché qui, comme tout péché, nécessite une correction. Il a eu le choix entre trois types de sanction: une famine sur la terre pendant sept années, une poursuite par ses ennemis pendant trois mois ou encore une épidémie qui dure trois jours. On lui a dit de choisir la sanction qui lui convient. On écoute David dire qu’il a choisi la troisième sanction «je tombe entre les mains de Dieu parce que ses miséricordes sont nombreuses et je ne tombe pas dans les mains des hommes ». Il a choisi la troisième sanction. Ce que je veux dire, c’est que la résurrection a permis à l’homme de traverser de l’état de peur vers l’état de l’Amour. L’état de l’Amour est le meilleur que connaît l’homme, où il est dans une tranquillité extrême, une joie et une satisfaction intérieure. La résurrection ou l’acte de la résurrection permet à l’homme de vivre sa vraie humanité en étant joyeux. Elle a transféré plusieurs de l’état de peur vers l’état de l’Amour entier.

Je vais vous expliquer ceci en trois étapes que nous trouvons dans les beaux épisodes de la résurrection. La première étape est la pureté. L’homme ne peut pas jouir de la résurrection ni passer de l’état de peur vers celui de l’Amour entier s’il n’est pas pur ou précisément si son cœur n’est pas pur. L’homme devrait faire cette étape pour qu’il puisse mener une vie droite devant Dieu. Il est écrit « heureux les cœurs purs car ils verront Dieu ». Un des meilleurs exemples de cette pureté s’est passé peu de jours avant la résurrection, lorsque Pierre a renié le Christ. Quand nous lisons cette histoire aujourd’hui, on s’étonne du fait que le disciple qu’est Pierre soit tombé dans un tel péché et comment il a renié son Seigneur devant une servante. Lui-même, l’apôtre Pierre, il s’est senti  inaccepté et a vécu dans un état de peur loin du Christ. Après la résurrection du seigneur le Christ, il est retourné à son métier de pêcheur. Il a oublié qu’il est disciple, qu’il a vu des miracles et qu’il a suivi des enseignements. Il a oublié tout cela. Lors de la pêche des 153 poissons, en compagnie d’autres disciples, il rencontre le Christ présent sur la plage. Il arrive, lui et les autres, pour manger des poissons. Au milieu de cette assemblée, le Christ appelle Pierre qui l’a renié et lui dit : « m'aimes-tu? ». C’est une question constituée d’un seul mot (en arabe, cette question s’écrit en un seul mot):  « m’aimes-tu ? ». Pierre réponds « oui, seigneur, je t’aime » et répète sa réponse une, deux et trois fois. À la fin, il dit au Christ « tu sais Seigneur que je t’aime » ; « je t’aime ». C’est en cette seconde que Pierre l’apôtre s’est transformé de l’état de la peur à l’état de l’Amour entier parce qu’il a purifié son cœur qui est devenu rempli de l’amour du Seigneur. À partir de cette seconde, il a commencé à annoncer et à prêcher dans des différents lieux et dans plusieurs pays. Sa vie s’est terminée par son martyr. C’est l’étape de la pureté qui est la première qui permet à l’homme de se transformer de l’état de la peur vers l’état de l’Amour. La résurrection est celle qui peut réaliser cela, en tant qu’un acte dans la vie de l’homme qui se transforme de la peur vers l’Amour. Celui qui vit dans l’Amour n’a jamais peur.

La deuxième étape est celle de l’espérance qui est bien sûr liée à la foi. L’homme qui vit dans la peur a des pensées négatives et dépressives, ce qui conduit sa vie à des stades très difficiles. Il peut arriver au désespoir et au suicide s’il perd l’espérance. L’étape de l’espérance est nécessaire à l’homme pour qu’il se déplace de l’état de la peur à l’état de l’Amour. Le meilleur exemple est celui que nous avons écouté dans l’Évangile tout à l’heure, concernant Marie Madeleine. Celle-ci était sujette à une œuvre glorieuse du Christ qui a chassé d’elle sept démons. Elle l’a donc suivi comme elle a mené une vie de sainteté. Elle est partie à la tombe avec l’espoir, malgré la peur, les larmes et les questions qu’elle se posait. Cette forte espérance l’a incitée à aller à la tombe et à chercher son Seigneur. L’étape de l’espérance n’est pas modeste. Grâce à elle, Marie Madeleine a vaincu ses 3 peurs, ses douleurs intérieures et ses larmes. Elle espérait voir le Christ, même s’il était encore dans la tombe. L’étape de l’espérance est nécessaire à l’homme pour qu’il se déplace de l’état de la peur à l’état de l’Amour. C’est pour cela que lorsque le Christ l’a appelée, en prononçant seulement son nom, elle l’a reconnu par le timbre de sa voix. Son étonnement l’a incitée à toucher le Christ. Mais celui-ci lui a rappelé qu’elle tient pour rôle de transmettre la nouvelle de sa résurrection à ses disciples. C’est l’étape de l’espérance. Mon bien aimé qui vit au milieu de beaucoup de peurs, il faudrait que tu conserves ton espérance au fond de toi. Tant que tu as cette forte foi et que tu te réjouis de la résurrection, celle-ci t’aide malgré tes peurs pour te transférer vers un état d’Amour entier, de sorte que l’homme que tu es devient heureux dans cette vie. C’est pour cela que nous disons régulièrement en priant Dieu qu’il est « l’espérance de celui qui n’a pas d’espérance, le soutien de celui qui n’a pas de soutien ». Tu es notre espérance. À travers ta résurrection, tu as transformé la peur et le désespoir en joie et espoir. C’est l’étape de l’espérance. La première étape est celle de la pureté ou la pureté du cœur. La deuxième est celle de l’espérance, celle des cerveaux qui espèrent et qui comprennent des pensées positives. Tu peux rencontrer quelqu’un dont les paroles sont décourageantes ou causent un désespoir. Mais tu peux aussi discuter avec quelqu’un d’autre chez qui tu sens une espérance relative à l’avenir ; cette personne voit quelque chose de bon et pense que demain sera meilleur.

La dernière étape est celle de la construction, c’est à dire l’action. Celui qui construit commence du sol vers le haut et son œuvre s’élève. C’est l’étape du travail, de l’élévation et de la grandeur. Si l’homme a la pureté du cœur et l’espérance dans le cerveau, sa main devient une main qui travaille, construit et élève. On écoute aujourd’hui parler de l’apôtre Pierre, de Marie Madeleine et de Thomas qui a douté de la résurrection du Christ. Une semaine après la résurrection, le Christ apparaît aux disciples parmi lesquels se trouve Thomas. Il dit à Thomas de venir et de voir la place des clous et celle de la lance. Thomas poussa son fameux cri « mon Seigneur et mon Dieu », qui est un cri de confession. Thomas, que fais-tu après cela ? Imaginez-vous que Thomas se déplace de Jérusalem jusqu’aux contrées les plus lointaines, jusqu’en Inde, où il prêche le nom du Christ. C’est une étape de travail. Si l’homme détient la pureté du cœur et l’espérance dans le cerveau, il peut construire, travailler, protéger les autres et les servir. Il peut se déplacer de l’état de la peur à l’état de l’Amour. Cet état rend l’homme joyeux dans sa vie. C’est cet état qui a incité David à dire « je t’aime Dieu, ma force » (Psaume 18). La résurrection n’est pas une simple célébration, ni un événement dans l’Histoire. La résurrection est une vie que nous menons. Maintenant dans chaque maison, nous fêtons la glorieuse fête de Pâques et nous transmettons la joie de l’un à l’autre dans la famille. Afin que nous puissions être heureux grâce à la résurrection, je vous invite à lire l’Évangile de Jean (21 chapitres), ses trois épîtres et l’Apocalypse écrit aussi par lui, le disciple que le Christ aimait. L’ensemble de ces cinq textes comprend 50 chapitres qui correspondent parfaitement aux 50 jours de Pâques que nous vivrons. C’est ainsi que nous exprimerons notre joie de la résurrection. Nous nous réjouissons de la résurrection en cette année, bien que la fête de l’Église soit limitée. Toutefois, la joie de la résurrection ne se limite pas à cause de quelconques événements. La résurrection est dans la vie de l’homme et dans son cœur. C’est vrai que notre pays et les pays du monde sont exposés à une épidémie sans précédent, dans laquelle le nombre des victimes et des malades est élevé dans plusieurs pays. Nous remercions Dieu que notre pays a fait attention plus tôt et a commencé les mesures de sécurité qui contribuent à limiter la propagation de la maladie. Mais nous avons confiance dans la promesse de Dieu par la langue de Habacuc (3 : 5) : « devant lui (= Dieu), l’épidémie est partie et, à ses pieds, la fièvre est sortie ». Nous sommes confiants et certains que Dieu puisse retirer ces peurs et ces nombreuses difficultés.

 Traduit de l'arabe par des fidèles du sanctuaire du prophète Elie, avec nos remerciements.

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